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Epharmacie et publicité en ligne

Posté le 27 février 2013 dans France par Colin B.

J’ai reçu ces derniers temps un bon nombre de question par email (cliquez ici pour me contacter) concernant la publicité pouvant être faite par et pour les epharmacies. Selon moi, c’est le sujet critique qui soulève beaucoup de questions et qui nécessite l’instauration rapide d’une législation par les instances compétentes.

Pharmacie et publicité

Actuellement en France, la publicité pour les officines physiques est normalement assez encadrée:

La publicité en faveur des officines de pharmacie ne peut être faite que dans les conditions prévues par voie réglementaire.

Code de la santé publique Article L5125-31

La publicité en faveur des officines de pharmacie n’est autorisée que dans les conditions et sous les réserves ci-après définies :

1° La création, le transfert, le changement de titulaire d’une officine, ainsi que la création d’un site internet de l’officine (ajout du Décret n°2012-1562 du 31 décembre 2012 – art. 3) peuvent donner lieu à un communiqué dans la presse écrite limité à l’indication du nom du pharmacien, de ses titres universitaires, hospitaliers et scientifiques figurant sur la liste établie par le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, mentionnée àl’article R. 4235-52, l’adresse du site internet de l’officine, le nom du prédécesseur, l’adresse de l’officine avec, le cas échéant, la mention d’activités liées au commerce des marchandises figurant sur la liste mentionnée au premier alinéa de l’article L. 5125-24.

Cette annonce est préalablement communiquée au conseil régional de l’ordre des pharmaciens. Elle ne saurait excéder la dimension de 100 cm2 ;

2° Outre les moyens d’information sur l’officine mentionnés à l’article R. 4235-57, les pharmaciens peuvent faire paraître dans la presse écrite des annonces en faveur des activités mentionnées au 1° ci-dessus d’une dimension maximale de 100 cm2, comportant leur nom et adresse ainsi que les numéros de téléphone et de télécopie et les heures d’ouverture des officines.

Article R5125-26

 

Le décret du 31 décembre 2012 ajoute bien la notion de site internet d’une officine. Par contre, il ne concerne une nouvelle fois que la presse écrite. Doit-on en déduire que cette législation concerne également internet ? Dans tous les cas, les articles de publicité en faveur des epharmacies pullulent sur le net. Dans un soucis d’égalité faut’il dans ce cas, obliger les médias à citer l’ensemble des e-pharmacies à chaque publication sur le sujet  ?

Un autre article concerne cette fois les groupements et réseaux d’officines:

Un groupement ou un réseau constitué entre pharmacies ne peut faire de la publicité en faveur des officines qui le constituent. Aucune publicité ne peut être faite auprès du public pour un groupement ou un réseau constitué entre officines.

Article R5125-29

Faut-il alors classer le concept de la marketplace (exemple: 1001pharmacies.com) dans cette case là?

Le site Droitpharma.fr nous éclaire sur quelques points relatifs à Internet (et au Minitel – nous vous ne rêvez pas).

Annonces dans les annuaires et supports équivalents (Internet, Minitel :D )

Elles « ne doivent pas revêtir, par leur présentation et leur dimension, une importance telle qu’elle leur confère un caractère publicitaire » (Code de déontologie, art. R?4235-57 CSP):

* A la rubrique « Pharmacie » sont seules autorisées les mentions des noms et adresses et les numéros de téléphone et de télécopie

* A toute autre rubrique ne peuvent figurer que les annonces relatives aux activités spécialisées de l’officine

 

L’avantage des pionniers

En se lançant avant les autres, les pionniers ont profité du buzz médiatique actuel. Chaque site internet a ainsi eu droit à son moment de gloire télévisuel du journal télévisé aux émissions plus ou moins spécialisées et renseignées. À noter que certains sont beaucoup plus souvent mis en avant que d’autres. Les articles dans les e-magazines et autres versions en ligne des journaux nationaux resteront ad vitam æternam en ligne et assurent ainsi une visibilité dont ne disposeront jamais les prochains à se lancer dans l’aventure.

 

Les pionniers et leurs pratiques

Je ne reviendrai pas sur les passages TV ni sur les articles dans la presse écrite – nous en avons déjà assez parlé. Ici je vais mettre en avant quelques pratiques qui peuvent passer inaperçues au premier abord:

A titre d’exemple, le site Pharma-Gdd.com dispose d’une publicité sur toutes les pages d’un site de vente de matériel médical: http://www.equipmedical.com.

pub-equipmedical

La grosse interrogation concerne la publicité dans les moteurs de recherche, à l’heure actuelle seules deux cyberpharmacies françaises ont sauté le pas: pharma-z.com et pharmashopi.com que l’on peut retrouver entre autres sur la recherche « pharmacie en ligne ». On note par ailleurs la présence sur cette recherche en France de deux epharmacies belges, l’une d’elle communiquant même à l’aide d’un nom de domaine en .fr – traditionnellement utilisé par des entreprises françaises! (Newpharma.fr).

pub-google

Cliquez sur la vignette pour voir en grand

Les internautes peuvent également les trouver en cherchant la meilleure pharmacie en ligne:

La meilleure pharmacie en ligne?

La meilleure pharmacie en ligne?

Ou encore en cherchant le site internet d’une officine physique quelconque:

Une pharmacie en ligne sur Bordeaux?

Une pharmacie en ligne sur Bordeaux?

Une pharmacie en ligne pas cher

Une pharmacie en ligne pas cher

 

Vous l’aurez compris les exemples de dérives ne manquent pas et cela ne fait que commencer. Doit-on pour autant interdire en France ce genre de pratique et laisser nos confrères belges (ou d’ailleurs) attirer les internautes français ?

L’ordre pourra-t-il obliger les Belges à ne plus annoncer sur les réseaux français, ou à annoncer clairement dans leurs publicités qu’il s’agit d’officines belges et non pas françaises ?

Pharmacie et référencement naturel

Depuis des années nos amis américains et russes vendent illégalement des médicaments normalement sur ordonnance – et en majorité contre-faits,  sur internet. Du coup, la plupart des requêtes relatives à la pharmacie en ligne et à l’achat de médicaments sur internet sont littéralement remplis de pub pour ces sites douteux. Difficile alors pour l’internaute français de distinguer le site officiel d’une officine d’un site frauduleux.

Surtout que les fraudeurs (que l’on peut aisément assimiler à des spammeurs à la vue du nombre impressionnant de pages mises en ligne) sont rusés et ne manquent pas d’idées pour faire leur publicité sur des sites institutionnels français. Rendez vous par exemple sur cette page du site inra.fr qui va vous rediriger en quelques secondes vers une page de vente:

http://www.inra.fr/maintenance-bck3/acheter-cialis-pharmacie-en-ligne.html

À l’heure actuelle, deux sites douteux se trouvent ainsi en première page sur la requête « pharmacie en ligne »… Décryptons l’un d’eux !

L’adresse du site est: pharmacie-en-ligne-france.webnode.fr , il est ainsi décrit par Google:

Pharmacie en ligne est l’une des plus grandes sociétés en France qui s’occupe de la vente des médicaments en ligne. La pharmacie en ligne en France devient…

Ce site est un « intermédiaire » également appelé « page satellite », et se trouve sur une plateforme gratuite de création de site: webnode.

Cette page n’a pour but que de renvoyer vers un autre site. Pour cela tous les moyens marketing sont bons:

nous avons des médecins et des pharmaciens expérimentés et réputés qui rendent toujours une consultation professionelle et qualifiée. Nous avons aussi un grand stock de médicaments et nos clients sont toujours impressionnés par nos services et nos produits.

Les internautes sont ainsi renvoyés vers le site pharmacieacheter.fr qui propose à la vente et sans ordonnance un assortiment de pilules pour booster les performances sexuelles (Cialis, Viagra etc…)
Ce site ressemble d’ailleurs étrangement au site « piraté » de la pharmacie de Salles.  Il appartient à un certains Nils qui d’après mes recherches dispose d’un grand nombre de résidences secondaires: Rome, Minsk, et même Paris – un prête nom idéal en somme. Le site est hébergé en Allemagne du côté de Nuremberg. Le nom de domaine a quand à lui était acheté via une société Française: Netim.fr  basée à Lille (à noter que cette société revend une solution de l’Allemand joker.com).

Toujours le même modèle

Toujours le même modèle

Une multitude d’autres sites « satellites » pointent vers pharmacieacheter.fr:

  • http://commander-vente-prix.webnode.fr/
  • http://en-ligne-acheter-generique.webnode.fr/
  • http://france-acheter-generique-achat.webnode.fr/
  • http://en-ligne-france-pharmacie.webnode.fr/
  • etc…

En bref, le système est bien rodé et mon expérience dans le domaine me permet de vous affirmer qu’il est très répandu. Il existe même des programmes d’affiliation permettant à n’importe qui de vendre sur internet une multitudes de médicaments d’origine inconnu et de toucher au passage une commission non négligeable. Je vais éviter de les citer ici – on ne sait jamais. Pour les plus curieux vous pouvez toujours me contacter par mail.

Il est grand temps que l’ordre fasse du ménage la dedans. Et le temps presse, tous les médias ont parlés de la vente en ligne la semaine dernière, et ont ainsi offert un ÉNORME coup de pouce à tous ces sites douteux que l’internaute moyen n’arrivera jamais à distinguer d’un site officiel…

ps: si vous avez d’autres anecdotes sur le sujet à partager n’hésitez pas à poster un commentaire ci-dessous.

 

 
1 Commentaire pour cette entrée

A l’étude, le projet d’un site (…autorisé mais coincé !)
Par l’intermédiaire du suivi de Cédric MORELLE ‏@Toucouleur, J’en arrive sur votre blog, …bien, merci.
Pour l’inquiétude et les problèmes, je suis à point ! Quant aux administratifs de la Santé, ça semble être la panique, …bloquante.
- Commentaire déjà partagé:
Comment ça va, Martial ?
- Franchement, qu’est-ce que ça peut lui foutre au logiciel de FB ? Là, c’est le gouffre des questions; et l’abime des réponses… e-commerce, Prestashop, Magento, ePages, Boxcommerce, Linux, Windows, Apple, Ovh, 1&1, Gandi, Bookmyname, référencement, hébergement, budget, gratuit, payant, % sur CA, méthodes, pièges, forums, cahier des charges, plan du site, définition, maintenance, conseils, exemples, Whois, Afnic, Cnil, Inpi, veille, mots-clés, adwords, front office, back office, Webmaster, Designer, MAJ, Bugs, commander, résilier, …
- Break ! je zieute des sites e-pharmacies (beaucoup sont illisibles et compliqués).
Franchement, en tant qu’internaute-consommateur(… et pour la santé, patient), plus de « trois clics » pour un achat, ou « s’inscrire », sauf cas particuliers comme pour les ordonnances en Drive, ça me gonfle.
Quant aux budgets prévisionnels (ou payés) de webmasters, développeurs, agences, hébergeurs,référenceurs, c’est du n’importe quoi.
Si un ménage pouvait se faire là-aussi…
à bientôt, Respects

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